Imane Sioudan et Danik Zandwonis

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Municipales 2026 : Après les municipales, faut-il avoir peur ?

Municipales 2026 : Après les municipales, faut-il avoir peur ?

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Depuis le début de l’année 2026, les politiciens traditionnels, et même ceux de l’ANG qu’on pensait très éloignés du calendrier électoral français, étaient mobilisés. Tous vivaient avec la même passion les dates prévues pour cette élection.

Le premier tour a été sans grande surprise : la quasi-majorité des maires sortants ont regagné leur fauteuil. Des Abymes (la ville la plus peuplée) à Vieux-Habitants, Sainte-Rose ou Vieux-Fort (la plus petite commune de l’archipel), ils sont tous revenus.

Au second tour, là où les regroupements et alliances ont bien fonctionné, le maire en place aurait pu être éjecté. Mais dans d’autres villes, là où l’ego hyperdimensionné a été la raison majeure du désaccord, ce sont les électeurs abstentionnistes qui ont eu la possibilité de faire la part des choses.

L’abstention, qui est toujours très forte en Gwadloup – un électeur sur deux ne s’est pas rendu aux urnes – est bien la preuve que les politiciens traditionnels n’ont plus ni l’audience ni la crédibilité souhaitées.

À quoi cela est-il dû ?

Quatre-vingts ans après la loi dite « d’assimilation » (1946), les Gwadloupéyens, devenus à force de galères de toutes sortes, ont fini par comprendre que le système colonial et le calendrier électoral ne sont plus en mesure d’apporter de solutions aux problèmes de leur quotidien.

On disait jadis que les municipales étaient une élection de proximité. Cette croyance s’estompe au fil des années. Car, en dépit des promesses faites par les candidats en campagne et par les élus après une, deux ou trois mandatures dans telle ou telle commune, les lignes ne bougent pas.

Est-ce à dire que notre peuple aspire à un changement réel ? Ou alors notre peuple a-t-il, tout compte fait, décidé d’accepter ce qui lui est imposé depuis près de quatre siècles ?

Aujourd’hui, il faut l’admettre : la campagne des municipales l’a démontré chaque soir au cours des débats, AUCUN de ces politiciens n’a eu le courage de remettre en cause le système colonial. Ce qui importait à cette centaine de listes diverses et variées, c’était : « votez pour moi ». Rien de plus. C’est à croire (ou on tente de faire croire) que l’élection ou la réélection de tel ou telle peut vraiment changer la réalité coloniale.

En fait, ils sont de plus en plus nombreux, les citoyens Gwadloupéyens qui n’y croient plus. Ceux qui participent à ces élections savent que ce n’est plus la solution, mais pour des raisons familiales ou affectives, yo ka ba entel on fos.

Où va-t-on dans ces conditions ? Comment peut-on penser, dans une situation mondiale où les guerres foisonnent partout, que l’élection du maire de sa commune soit une solution ?

La Gwadloup, on le sait, est toujours dépendante de l’État français, qui, lui, n’arrive plus à gérer sa situation budgétaire. La France connaît un déficit de 136 milliards d’euros. Comment, avec un tel endettement, la France peut-elle encore subvenir aux besoins de ses colonies et de ses colonisés ? Quel maire, au cours de cette campagne, a osé sortir ce chiffre ?

En réalité, la Gwadloup, la Martinique, sont devenus de vrais boulets pour la France coloniale. Dans les mois à venir, la situation sociale de la Gwadloup ne pourra que se dégrader. L’État ne pourra plus répondre aux nombreuses demandes des élus. Que va-t-il se passer ?

Le scénario catastrophe est désormais prévisible. La révolte viendra de la rue. Les armes qui circulent se retourneront contre nous. Parce que les jeunes chômeurs, et tous ceux qui ne vont pas voter, ceux qui ne croient plus à rien et qui ne craignent ni la prison ni la mort, eux, ils vont bouger.

Un homme politique peut-il ignorer que cette violente explosion est quasiment irréversible ?

Cette question n’a jamais été abordée au cours de ces municipales.

Danik Zandwonis

3 réflexions sur “Municipales 2026 : Après les municipales, faut-il avoir peur ?”

  1. nou pòkò konprann nou toujou la pou on karé. la Gwadloup tringlé é tout sé zoro labm pri an lagli. É tantó papal kay-i palé. jan sa yé la pa tini pespektiv sinon ki ralé kannot an-nou ! Vwè é bouré douvan pou pran-nou an menn. Nou pé si nou vlé fè lyanaj

  2. PLAISIR Alain

    jamais une élection n avait été aussi peu politique. D’ailleurs la plupart des candidats disaient qu ils voulaient être des maires de proximité. Ne pas voir plus loin que les Frontières de sa commune démontre une myopie politique.

  3. Danik, ton analyse est lucide. Elle met des mots sur un malaise profond que beaucoup ressentent en silence. Mais il faut aller encore plus loin.
    Car la réalité est plus grave que le simple désenchantement électoral.
    Oui, certains citoyens veulent faire bouger les choses.
    Oui, il existe une volonté réelle de rupture.
    Mais la peur s’est installée. Aujourd’hui en Guadeloupe, il ne suffit plus d’avoir raison pour parler. Il faut avoir le courage… de risquer sa vie sociale, professionnelle, voire judiciaire.
    Parce que :
    • Des groupes politiques puissants, comme le GUSR, ont verrouillé le système local
    • Des alliances contre-nature ont été conclues, uniquement pour conserver le pouvoir
    • Certains responsables traînent des dossiers judiciaires… qui n’aboutissent jamais
    Les dossiers disparaissent. Les procédures stagnent. Le silence protège.
    Quand un citoyen ose dénoncer : On le surveille, on le discrédite, on fabrique contre lui des accusations
    Des procédures surgissent comme par magie.Des dossiers sans fondement apparaissent. Des “complot” prennent forme pour détruire.
    Et ce qui est encore plus grave…Ceux qui travaillent pour la jeunesse, Ceux qui accompagnent, qui éduquent, qui protègent sont souvent les premiers visés.
    Parce qu’une jeunesse consciente est dangereuse pour ceux qui veulent régner sans partage.
    Mieux vaut une jeunesse perdue qu’une jeunesse éveillée.
    Tu parles d’une explosion sociale à venir.
    Mais cette explosion :
    • Elle ne vient pas de nulle part
    • Elle est alimentée par l’injustice
    • Elle est nourrie par le sentiment d’abandon
    • Elle est accélérée par la peur et le silence imposé. Quand la parole est étouffée…Quand la justice n’est plus perçue comme neutre…Alors la rue devient le dernier recours. La vraie question est: Peut-on encore parler librement en Guadeloupe sans être détruit ?
    Peut-on dénoncer sans devenir une cible ?
    Peut-on servir la population sans être broyé par le système ? Oui, le peuple veut changer les choses.
    Mais Il est surveillé, Il est intimidé, Il est découragé
    Et pourtant…
    La vérité finit toujours par sortir.
    Les systèmes verrouillés finiront toujours par tomber.
    Danik, tu as posé le diagnostic.
    Moi, je pose l’alerte : Ce n’est pas seulement une crise politique. C’est une crise de confiance dans la justice, dans les institutions et dans la classe politique actuelle.
    Et tant que cela ne sera pas réglé…
    Aucune élection ne pourra apaiser ce peuple.

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