Imane Sioudan et Danik Zandwonis

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Guadeloupe: 2 hypothèses qui nous font un grand mal sauf si…

Directeur de CCN, Danick Zandwonis

Guadeloupe: 2 hypothèses qui nous font un grand mal sauf si…

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Directeur de CCN, Danick Zandwonis
Danick Zandwonis | Directeur de CCN

Guadeloupe: 2 hypothèses qui nous font un grand mal sauf si…

Pointe-à-Pitre. Mardi 15 septembre 2026 | CCN. 

Guadeloupe, Trump, colonisation : l’éditorialiste Danik Zandwonis interroge deux scénarios qui inquiètent l’archipel. D’abord, l’hypothèse — jugée délirante mais pas totalement écartée — d’une convoitise américaine sur la Guadeloupe, dans la droite ligne des habitudes de Donald Trump à tester les limites internationales. Ensuite, la possible arrivée du Rassemblement National au pouvoir lors des présidentielles françaises de 2027, alors que la question coloniale ne trouve d’écho dans aucun camp politique français, de gauche comme de droite. Entre fantasme géopolitique et réalité d’une classe politique guadeloupéenne jugée trop conciliante, l’édito appelle à une initiative « historique et inédite » pour faire bouger les lignes.

DZ

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Hypothèse 1 : Trump et la Guadeloupe, un fantasme ?

Le gouvernement français veut-il « céder » la Gwadloup à Trump ? Oui, tout le monde l’a dit et écrit avant que Trump soit politiquement fou. Il peut délirer comme bon lui semble et décider un matin, après avoir fait pipi, que toute la Caraïbe lui appartient, la Gwadloup et la Martinique comprises. On peut considérer cette annonce, faite la semaine dernière, comme un délire trumpiste, ou plus soit. Ce souhait n’est ni anodin, ni inédit ; au cours de la seconde guerre mondiale, les Américains ont tenté de faire un pas de côté pour s’emparer de la Gwadloup, mais la tentative est restée sans suite.

En faisant cette déclaration, Trump a sans doute voulu publier un self fake news, comme il en a l’habitude, pour observer l’attitude du gouvernement français. C’est ce même Trump qui a tranquillement fait main basse sur le pétrole vénézuélien en kidnappant le président Maduro, sans la moindre réaction internationale ; encore Trump qui a décidé d’appauvrir Cuba en privant ce pays d’approvisionnement en pétrole — qui a protesté ? En fait, si Trump prenait la décision d’envahir et d’occuper la Gwadloup, comme ce fut le cas pour Haïti de 1915 à 1934, sans la moindre opposition, les Américains ont même profité de cette occupation militaire pour piller la banque nationale haïtienne et emporter ainsi 500 000 dollars de lingots d’or. Donc, même si le fantasme trumpiste pour la Gwadloup et la Martinique a pour l’heure un parfum de blagamas, cette hypothèse, aussi absurde qu’elle semble paraître, nécessite une attention ; les politiques gwadloupéyens, sidérés sans doute par ce fake Trump, sont restés silencieux. Et si un jour la réalité dépassait la fiction ?

Hypothèse 2 : Le Pen, la gauche française et la colonisation persistante

Une autre affaire nous concernant, c’est l’éventuelle arrivée du RN au pouvoir lors des présidentielles françaises ; dans le contexte politique actuel, cette hypothèse n’est pas si absurde qu’on le dit, à 8 mois de ces élections. On observe, en ce moment, que la gauche française traditionnelle est totalement désaccordée. Mélenchon, qui espère être au second tour face au RN malgré sa remontée dans les sondages, une possible victoire de la LFI n’est pas encore acquise en France. Et même si c’était le cas, ça changerait quoi à notre réalité coloniale ? Le colonialisme de gauche est, par contre, une totale réalité. Pendant la guerre d’Algérie, faut-il encore le rappeler, les socialistes français se sont opposés à l’indépendance. François Mitterrand était à cette époque ministre de l’Intérieur, et en novembre il proclame : « L’Algérie, c’est la France. » Et puis, de mai 1981 jusqu’à mai 1995, la Gwadloup est demeurée colonie française. Donc, oublions les politiciens français dits de « gauche ». Sur la question coloniale, ils sont tous aujourd’hui sur la même ligne : Mélenchon (LFI), Faure (PS) ou Roussel (PCF) ont-ils, une seule fois, souhaité la décolonisation de ce qu’ils nomment l’« Outre-mer » ?

À vrai dire, la classe politique française ne se pose pas la question de la colonisation de nos pays. Il faut encore le dire : les parlementaires gwadloupéyens ont définitivement exclu cette problématique de leurs interventions dans les assemblées françaises. Pour eux, la Gwadloup n’est rien d’autre qu’un « département français d’outre-mer ».

En fait, que ce soit le RN de Le Pen, la droite traditionnelle d’Édouard Philippe à Retailleau, ou la gauche française qui remporte la course à la présidentielle, la Gwadloup ne doit rien espérer. Il est quasiment sûr, comme à l’habitude, que les politiciens gwadloupéyens se mettront en totale conformité et prendront le sillage du nouveau pouvoir. Cela signifie que les présidentielles françaises ne peuvent en aucun cas être une « solution » politique pour notre pays.

Dans quelques semaines, quand la campagne des présidentielles françaises contaminera notre quotidien, il suffira d’observer l’attitude de nos hommes et femmes politiques.

En résumé, ce sont les Gwadloupéyens vraiment engagés, conscients et encore combattants, qui peuvent tenter de renverser la table coloniale. Il faut, pour cela, une initiative historique et inédite pour faire bouger les lignes :

« Ki donk annou pôté mannèv avan tro ta maré nou »

Hypothèse 3 : à suivre

Mais nous en dirons davantage le moment venu.

Danik Zandwonis, Directeur des Rédactions

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