Imane Sioudan et Danik Zandwonis

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Six mois après, où en est la Gwadloup ?

Directeur de CCN, Danick Zandwonis

Six mois après, où en est la Gwadloup ?

Six mois après, où en est la Gwadloup ?

Directeur de CCN, Danick Zandwonis
Danick Zandwonis | Directeur de CCN

Six mois après, où en est la Gwadloup ?

Dire que le pays va mal est presque enfoncer une porte déjà défoncée. Et pourtant nous sommes en période vacancière, un peu partout les fêtes font le plein, les Gwadloupéyens s’amusent pour essayer d’oublier la cruelle réalité de notre archipel où plus rien ne va.

 

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Ainsi pendant la coupe du monde les Gwadloupéyens, qui se sentent toujours français, et qui ont « supporté » l’équipe de France, ont été vite déçus, voire tristes quand Mbappé, Dembélé et les autres afro-descendants qui composent cette équipe ont quitté le stade la tête basse. Les Bleus ont perdu. Cela a évité à la Gwadloup, à la Martinique, à la Guyane, une fête supplémentaire mais cette fois en Bleu Blanc Rouge — quel bonheur d’avoir échappé à ce « déboulé » tricolore : j’ai presque envie de dire merci aux onze d’Espagne.

Revenons à la réalité de notre pays

Dès les derniers mois de 2025, tout le monde s’en souvient, nos politiques n’avaient qu’une obsession : les élections municipales de mars 2026. Les changements n’ont pas été à la hauteur de toutes les espérances. Quelques maires tels que Jean-Marie Hubert (Port-Louis), Édouard Delta (Anse-Bertrand), Ferdy Louisy (Goyave) ou Rolande Nadile (Terre-de-Bas) ont été tous battus. Quelques nouvelles, et parfois moins nouvelles, têtes sont apparues : à Saint-Claude (Fabrice Minatchy), Baie-Mahault (Michel Mado), Sainte-Rose (Adrien Baron), Terre-de-Bas (Gabriel Foy), Victor Arthein (Port-Louis). Mais dans l’ensemble il n’y a pas eu de changements très importants. Ces élections ne modifient pas vraiment le sociogramme politique de la Gwadloup.

EAU

Au moins, grâce au congrès de juin, on sait que la bonne qualité et la fin des tours d’eau ne figurent sur aucun agenda. Les électeurs ont tous bien compris.

Statut politique / évolution statutaire

Juste quelques polémiques mensongères lancées par les grands patrons (Medef, CCI, CGPME). Ils s’opposent mordicus à tout changement car ils veulent garder la main sur l’économie et continuer dans un système colonial, qu’ils refusent de dénoncer ou de combattre. Ils veulent être les derniers Mohicans de la pwofitasyon. Ainsi Guy Losbar, qui depuis des années porte ce projet très modéré de changement, s’aperçoit qu’il n’a toujours pas réussi à convaincre l’ensemble du peuple Gwadloupéyen et encore moins l’État colonial. Si on examine la situation politique dans les dernières colonies françaises : au contraire de la Martinique et de la Guyane, qui viennent d’être admises, même a minima, à la CARICOM, la Gwadloup sur ce point est restée immobile. À qui la faute ?

La Région que préside Ary Chalus (jusqu’à quand ?) a progressivement zappé l’intégration de la Guadeloupe dans la Caraïbe. Rien d’étonnant.

La question de la Violence

C’est un chapitre interminable. Les 40 000 armes qui circulent continuent à faire des victimes. Déjà une vingtaine en 6 mois, c’est plus que l’an dernier à la même période. Comme les problématiques de l’eau ou des sargasses, on a le sentiment que la Gwadloup semble être, pour l’heure, condamnée avec tous ses maux.

La France a changé mais nos politiques sont autistes

La Gwadloup est encore plus que jadis structurellement, politiquement, économiquement dépendante de la France. Qui s’en plaint vraiment ? La classe politique dans son ensemble est victime du syndrome de l’eau. Rien ne change. En clair, plus personne n’élève la voix pour contester le pouvoir. Ainsi, le néo-gouverneur installé à la Préfecture a les coudées plus que franches. Face à lui, c’est le vide total. Il décide comme il veut, quand il veut. On l’a bien vu lors du congrès sur l’eau, il a renvoyé « dos à l’eau » nos politiques ;

« Débrouillez-vous ! » a-t-il laissé entendre.

Mais en fait, on se rend compte qu’à quelques mois des prochaines présidentielles françaises, nos politiques sont dans le brouillard.

Se sont-ils aperçus que Macron, qui n’a pas envie de lâcher le pouvoir, joue à peine voilée la carte RN ? Le Pen / Bardella sont quasiment déjà dans les couloirs de l’Élysée. La droite française traditionnelle, républicaine – ce que les Français appellent le « bloc central » – est sans avenir politique. La gauche classique est divisée. Ce qui se passe en France n’est pas anodin pour nous. La France est politiquement, voire économiquement, dans une très mauvaise passe.

Les présidentielles françaises puis les législatives qui suivront risquent de faire basculer la table en Gwadloup. Que deviendront nos parlementaires ? Pour sauver leurs têtes, iront-ils sur les rives du RN ?

Par DAnik Zandwonis

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