Guadeloupe . Géothermie : L’hydrogène vert, le Graal : un marché qui va peser des milliards d’euros
Guadeloupe . Géothermie : L’hydrogène vert, le Graal : un marché qui va peser des milliards d’euros
Pointe-à-Pitre, jeudi 23 avril 2026. CCN.
Gérald Bougrer, promoteur, inventeur, concepteur et porteur de projets T3E (Transition écologique, énergétique, économie circulaire, CRTE, Territoires d’industries), est depuis plusieurs années un acteur engagé dans le développement de la géothermie et de l’hydrogène vert pour la Gwadloup. Il a répondu aux questions de CCN.
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CCN : Quelle est la situation réelle de la géothermie en Gwadloup ?
Gérald Bougrer. En sus des nombreuses études réalisées par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), qui avaient déjà conclu à un potentiel important en géothermie haute enthalpie, notamment dans le sud de Basse-Terre, ces résultats ont été confortés par une thèse plus récente menée par une scientifique (GéoAzur), Alexandre Favier.
Par ailleurs, l’unité industrielle actuelle dispose d’une puissance installée de 15 MWe (soit environ 7 % du mix énergétique) et devrait passer, après extension, à 25 MWe d’ici mi-2026, ce qui porterait la production à près de 14 % du mix énergétique global.
CCN : Bouillante produit plus de 20 MWe, c’est loin de suffire aux besoins énergétiques de la Gwadloup. Peut-on créer d’autres centrales ?
Gérald Bougrer. Bouillante ne produit pas 20 MWe, ce chiffre correspond à sa puissance installée. Cela reste bien loin des 550 MWe nécessaires.
Oui, on peut créer d’autres centrales, au moins cinq si l’on s’en tient aux résultats des études d’exploration effectuées par le BRGM ces dernières années.
CCN : Depuis plusieurs années vous avez débuté un travail dans ce domaine, où en êtes-vous ?
Gérald Bougrer. Ce travail relève de la R&D en hautes technologies appliquées au développement durable, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’eau.
Il s’est transformé en un projet systémique dénommé UGA Géo’4G.H2 (Une Guadeloupe d’Avance Géothermie de 4e génération et Hydrogène), déposé le 31 mai 2022.
Nous sommes actuellement en phase de finalisation des discussions avec les propriétaires fonciers avant de réaliser un forage de caractérisation afin de déterminer le potentiel en MWe du site de Descoubes, à Bouillante.
CCN : Les politiques ont-ils compris votre démarche ? Avez-vous obtenu le soutien nécessaire ?
Gérald Bougrer. Je n’ai pas cherché à les convaincre dans un premier temps, préférant m’adresser à l’État, ce qui a été positif.
Cependant, récemment, notre équipe d’ingénieurs a échangé avec la direction du Conseil régional de Guadeloupe et la commission Énergie, qui ont reconnu la pertinence de nos projets.
Nous avons également le soutien constant de Thierry Abelli, maire de Bouillante et président de la communauté de communes du sud Basse-Terre.
Dans ce cadre, une société commune a été créée : la SaS KC WENhyESS, qui exploitera une unité industrielle de production d’électricité, d’hydrogène et de carburants de synthèse (e-SAF).
CCN : Au plan énergétique, la Gwadloup peut-elle être indépendante des énergies fossiles ?
Gérald Bougrer. Oui, elle en a les moyens.
Le territoire dispose de ressources naturelles majeures : la géothermie (basse, moyenne et haute enthalpie) et des reliefs adaptés aux STEP (Stations de Transfert d’Énergie par Pompage).
Des projets comme celui de La Désirade illustrent ce potentiel, avec une vision d’île à énergie positive intégrant smart grids et hydrogène.
CCN : Il y a aussi la question de l’hydrogène. Quelles perspectives ?
Gérald Bougrer. C’est le Graal pour la Guadeloupe.
Selon les grandes institutions financières (Deloitte, EY, JP Morgan, Goldman Sachs, Capgemini), ce marché représente des milliers de milliards d’euros.
Nos productions d’électricité et d’hydrogène réellement vert pourraient nous permettre de capter des parts de marché importantes, avec un coût de production potentiellement inférieur à 1 €.
Cela ouvre des perspectives d’exportation vers la Caraïbe et permet également d’envisager la production de carburants de synthèse (e-SAF), notamment le e-méthanol.
CCN : Quel avenir pour la géothermie en Gwadloup ?
Gérald Bougrer. La géothermie et les STEP sont des ressources stratégiques majeures.
Elles offrent une flexibilité et une pilotabilité essentielles pour répondre aux pics de consommation, contrairement au solaire et à l’éolien.
Elles permettront un changement de paradigme économique, avec des créations d’emplois et des dispositifs innovants comme le programme 3+++PVAD, destiné à améliorer le pouvoir d’achat des populations les plus modestes.
CCN. NDLR
Cependant, depuis quelque temps, des épées de Damoclès flottent au-dessus de la tête des Guadeloupéen·ne·s, comme pour d’autres territoires encore dépendants.
Par CCN

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