Imane Sioudan et Danik Zandwonis

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USA/Israël. Géopolitique. Crimes de guerre et impérialisme

USA/Israël. Géopolitique. Crimes de guerre et impérialisme

Silhouette de Trump en contre-jour sur fond de ciel nuageux sombre

USA/Israël. Géopolitique. Crimes de guerre et impérialisme

Paris, samedi 25 avril 2026. CCN.

À Paris, toute prise de parole qui condamne les attaques répétées des États-Unis et du régime génocidaire d’Israël au Moyen-Orient est simultanément sommée de condamner, avec la même ferveur, le Hamas ainsi que « le régime des mollahs ». C’est un rituel presque liturgique. « Le corps du Christ », « Amen ». « Vous condamnez les violences du Hamas et le régime iranien ? », « Oui je condamne ». Ne pas condamner les ennemis des États-Unis et d’Israël, en France, entraîne au mieux le soupçon, mais plus souvent l’accusation d’antisémitisme.

L’analyse de Dimitri Lasserre

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1. Trump ou l’échec d’une stratégie

Pour autant, le criminel de guerre Netanyahu et son complice de la Maison Blanche n’ont plus autant le vent dans le dos qu’il y a quelques semaines. Ils sont de plus en plus contestés et, aujourd’hui, il devient possible de porter sur eux une critique sévère sans subir immédiatement insultes ou calomnies, ni craindre une garde à vue. On avance.

Il faut l’admettre : les États-Unis se sont ridiculisés en Iran. Trump n’a reçu presque aucun soutien international – sinon celui de son allié israélien – et il n’y a guère plus que certains courants d’extrême droite pour le soutenir timidement. Sur le plan militaire, l’humiliation est encore plus marquée : la première puissance armée mondiale s’est révélée incapable de déstabiliser le régime iranien. Pire, elle a peut-être contribué à le renforcer.

Quelques heures après avoir menacé le peuple iranien d’anéantissement, Trump s’est vanté d’une prétendue victoire diplomatique, qui s’apparente en réalité à une défaite stratégique totale. Une démonstration supplémentaire de l’échec de sa politique.

Mais la position de la France demeure ambiguë. Dans ce conflit, qui oppose le « régime des mollahs » à un État agresseur, les deux camps sont souvent placés sur un même plan. Certes, l’agresseur est condamné, mais l’agressé doit l’être également. Or, si un régime théocratique peut être critiqué, cela ne doit pas empêcher une analyse concrète de la situation actuelle. Cette posture morale empêche de comprendre les dynamiques réelles à l’œuvre en Iran, notamment les raisons du maintien, voire du renforcement, du régime.

Le régime iranien conserve un certain soutien populaire

Si le régime iranien était faible, il est probable que des forces révolutionnaires auraient profité de la situation pour prendre le pouvoir. Mais c’est l’inverse qui se produit. En tenant tête à Trump, le régime renforce le sentiment nationaliste et, par conséquent, son soutien interne.

Ce soutien peut s’expliquer par un réflexe face à une domination bien identifiée : l’impérialisme. Les mollahs ne séduisent pas nécessairement, mais face à une agression extérieure, ils apparaissent comme un rempart.

Carte géopolitique du Moyen-Orient montrant les relations entre Israël, l’Iran et leurs zones d’influence
Représentation cartographique des tensions régionales entre Israël et l’Iran, avec routes d’influence et zones stratégiques au Moyen-Orient | Sources CCN (analyse), d’après : IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’École militaire) rapports internationaux sur le Moyen-Orient analyses géopolitiques publiques

L’impérialisme : logique du capitalisme

L’impérialisme est une dynamique propre au capitalisme visant à trouver de nouveaux débouchés pour maintenir le taux de profit.

Dans L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine explique que cette logique conduit à une concentration des capitaux et à la formation de monopoles. Ces monopoles entretiennent des relations étroites avec les États, dans une imbrication structurelle. L’État devient à la fois instrument et allié du capitalisme.

L’impérialisme se traduit ainsi par une rivalité entre États pour asseoir leur domination économique et politique.

Un autre facteur clé est la baisse tendancielle du taux de profit. Avec la mécanisation, les entreprises remplacent progressivement les travailleurs par des machines. Or, la valeur est produite par le travail humain. Moins de travail signifie donc moins de profit. Pour compenser cette baisse, le capitalisme cherche d’autres moyens.

La guerre comme prolongement économique

La guerre devient alors un outil. La conquête de territoires permet d’ouvrir de nouveaux marchés pour les produits des grandes puissances. L’impérialisme combine ainsi expansion militaire et économique.

Le conflit en Iran ne relève donc pas d’une volonté humanitaire, mais d’une stratégie visant à pallier les faiblesses internes d’une économie en crise. La prédation devient un moyen de maintenir un certain niveau de vie.

Mais cette stratégie semble aujourd’hui échouer, révélant l’image d’une puissance en déclin.

USA : l’image d’une nation décadente

Les États-Unis apparaissent de plus en plus comme une nation fragilisée, incapable de maintenir son hégémonie sans recourir à la force. La figure de Trump cristallise cette dérive, incarnant un pouvoir impulsif et peu stratégique.

L’impérialisme contemporain prend une forme néocoloniale : domination du centre sur la périphérie, reproduction des schémas coloniaux dans un contexte globalisé.

L’héritage du colonialisme : le racisme

Cette domination s’accompagne d’un héritage idéologique : le racisme. Le capitalisme en crise s’appuie sur une hiérarchisation des peuples pour justifier ses interventions.

Ce racisme est particulièrement visible dans certains mouvements politiques américains. Il s’exprime aussi dans la difficulté des médias occidentaux à qualifier certains comportements ou symboles.

L’agression américaine contribue à modifier les contradictions internes en Iran. En temps de paix, le conflit oppose un régime conservateur à des forces progressistes. Mais en situation de guerre, la contradiction principale devient celle entre l’envahisseur et le peuple attaqué.

Une lecture biaisée du conflit

En mettant sur le même plan les deux camps, le discours médiatique occidental reproduit une logique coloniale. Il empêche de reconnaître une réalité pourtant simple : il y a un agresseur et un agressé.

Cette clarté existe dans d’autres conflits, comme en Ukraine, mais disparaît lorsqu’il s’agit de l’Iran. Une différence qui s’explique en partie par des représentations raciales et géopolitiques.

Quelle position adopter ?

Face à cette situation, une question se pose : quel rôle jouer ? Relayer les discours dominants ou développer une analyse critique ?

L’attaque menée par Trump apparaît comme une tentative désespérée de maintenir un système en crise par la guerre et la domination. Mais des signes d’essoufflement apparaissent, y compris au sein même de son camp politique.

Les élections à venir pourraient marquer un tournant. Mais des inquiétudes subsistent quant aux dérives possibles du système.

La violence, dans ce contexte, apparaît comme le dernier recours d’un modèle à bout de souffle.

Analyse de Dimitri Lasserre

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