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Guadeloupe. Culture. Pool Art Fair, le salon qui fait rayonner la Caraïbe sur la scène mondiale de l’art

Guadeloupe. Culture. Pool Art Fair, le salon qui fait rayonner la Caraïbe sur la scène mondiale de l’art

Guadeloupe. Culture. Pool Art Fair, le salon qui fait rayonner la Caraïbe sur la scène mondiale de l’art

Pointe-à-Pitre. Vendredi 3 juillet 2026 | CCN. 

Il y a dix-sept ans, Thierry Alet avait une conviction : la Guadeloupe méritait une scène internationale de l’art contemporain. Ce pari, que certains auraient pu juger audacieux pour notre archipel, est aujourd’hui une réalité indiscutable. La Pool Art Fair Guadeloupe, désormais à sa 17ème édition, s’est imposée comme l’un des rendez-vous culturels les plus attendus de la Caraïbe — et bien au-delà.

par CCN

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Cette longévité n’est pas le fruit du hasard. Elle est celle d’une vision tenue avec constance, d’une organisation qui se réinvente sans jamais se renier, et d’une communauté d’artistes, de partenaires et de fidèles qui ont fait de ce salon leur salon. En 2026, avec plus de 120 artistes représentés sur 72 stands, des visiteurs venus de Madagascar, d’Allemagne, d’Haïti, du Sénégal ou encore du Japon, et de nombreux visiteurs, la Pool Art Fair confirme qu’elle est bien plus qu’un événement local.

1/Thierry Alet : l’architecte d’un rêve collectif

Derrière chaque grande manifestation culturelle, il y a un homme qui porte l’ensemble. Thierry Alet, organisateur infatigable et lui-même artiste, est de ceux-là. Depuis dix-sept ans, il tient le cap avec énergie communicative, une humilité désarmante et une ambition qui ne faiblit pas.

Dans son discours d’inauguration, il rend hommage à chacun — son équipe « trop forte », les sponsors, les collectivités, les artistes — avant d’annoncer des nouveautés qui témoignent d’une vision en perpétuelle maturation : la structuration du Prix du Département, né d’un dialogue avec le Conseil départemental et Michel Mado, qui permet désormais l’acquisition d’œuvres d’artistes émergents ; l’invitation de Rachida Karout, commissaire auprès du président de la République pour la diaspora africaine, signe que la Pool Art Fair entend peser dans les grandes conversations mondiales sur l’émergence de la diaspora ; ou encore l’appel urgent à former une nouvelle génération de critiques d’art en Guadeloupe, aujourd’hui marquée par un vide générationnel de quarante ans dans cette discipline pourtant essentielle à la vitalité du marché de l’art. Thierry Alet ne gère pas un salon. Il construit un écosystème.

2/Un territoire enfin reconnu comme terre de création contemporaine

La Guadeloupe n’est pas seulement une île de beauté et d’histoire. Elle est aussi — et c’est ce que la Pool Art Fair affirme avec force depuis 17 ans — un territoire de création, d’innovation et d’avant-garde artistique. C’est en ces termes que Malik Otrante, conseiller municipal délégué au Tourisme et aux Arts urbains de Pointe-à-Pitre, a résumé la portée du salon lors de son discours d’inauguration.

Cette vision est désormais partagée au plus haut niveau. Le Préfet de la Guadeloupe, Thierry Devimeux, n’a pas caché son enthousiasme en découvrant l’ampleur du salon : « C’est une bouffée d’oxygène absolument incroyable. » Il a souligné le rôle de la Pool Art Fair dans la structuration du secteur des arts visuels sur un territoire insulaire, rappelant qu’une manifestation qui allie enjeux économiques et diffusion de la création contemporaine est « une nécessité ».

L’ambition est claire : faire de Pointe-à-Pitre une référence culturelle majeure dans la Caraïbe, et de la Guadeloupe un territoire dont on ne visite pas seulement les paysages, mais dont on vient aussi explorer la richesse artistique.

3/L’implication décisive des collectivités

Si la Pool Art Fair a pu grandir, c’est aussi parce que les institutions ont progressivement compris qu’elles avaient un rôle à jouer — et qu’elles l’ont joué.

Le Grand Port Maritime de Guadeloupe, partenaire historique et hôte de l’événement au Terminal de Croisière, incarne cet engagement de longue date. Son PDG, Jean-Pierre Chalu, a mis en lumière la dimension symbolique de cette collaboration : « Ouvrir le port sur la ville, restaurer le lien entre les infrastructures portuaires et les citoyens, continuer de faire du port un espace de vie, de culture et de partage. » Une démarche d’intégration territoriale au service du rayonnement commun.

Le Conseil Régional, par la voix de Jean-Claude Nelson, président de la Commission Culture, a réaffirmé son engagement fidèle depuis la création du salon. La Région a notamment contribué cette année à la campagne d’affichage dans 77 stations du métro parisien — un signal fort d’un événement né en Guadeloupe qui affirme sa place dans le paysage culturel national. Elle soutient également les artistes boursiers et porte le projet du label d’art contemporain de la Guadeloupe, ayant permis à dix galeries et ateliers — dont CorpoArt — de bénéficier d’un accompagnement structurant.

Le Conseil Départemental a franchi un cap décisif en structurant son Prix : plus qu’un symbole, il s’agit désormais d’acquisitions d’œuvres, permettant à des artistes comme Renée Hardial — révélée aussi lors de la campagne parisienne — ou la Guyanaise Rosman Robineau, d’accéder à une reconnaissance institutionnelle tangible.

La Ville de Pointe-à-Pitre, la Direction des Affaires Culturelles (DAC), l’État, mais aussi des partenaires privés comme Air Caraïbes, Lafarge, SIAPOC, SIXT, La Fabrique, les Jardins Bio Réunis, Laurent-Perrier et bien d’autres, complètent un écosystème de soutien qui illustre la conviction partagée que la culture est un investissement, pas une dépense.

4/Barthélémy Toguo et l’œuvre participative : quand l’art rassemble

Parmi les temps forts de cette 17ème édition, la présence de Barthélémy Toguo comme artiste invité d’honneur incarne à lui seul l’ambition internationale du salon. Artiste franco-camerounais de renommée mondiale, figure de proue d’un art engagé qui dialogue avec les grandes questions du développement durable, de la transmission et du dialogue interculturel, Toguo apporte une dimension nouvelle à la manifestation.

Installé dans l’allée centrale du salon, l’artiste y déploie une œuvre participative — l’un des temps forts de cette édition. Dans une démarche fidèle à son travail, il invite le public — visiteurs, amateurs, scolaires — à devenir acteurs de la création. Cette œuvre collective, construite au fil des trois jours du salon, transcende la frontière entre l’artiste et son audience. Elle incarne ce que le salon défend depuis ses débuts : l’art n’est pas réservé à une élite, il appartient à tous.

Le Préfet Devimeux, citant Oscar Wilde dans son discours de clôture, a parfaitement résumé ce que Barthélémy Toguo rend visible : « L’art est la seule forme d’activité humaine superflue dont on ne peut se passer. »

5/Une édition 2026 tournée vers l’avenir

Au-delà des chiffres — 120 artistes, 72 stands, 600 scolaires attendus — c’est l’élan de cette édition qui frappe. La Pool Art Fair 2026 n’est pas un salon qui se regarde dans le rétroviseur. Elle ouvre des débats (commissariat et critique d’art, défiscalisation), elle structure des filières (ateliers de linogravure, tufting, street art, céramique), elle célèbre des artistes de toute la Caraïbe et du monde, elle crée des ponts entre les générations.

Présente dans les rues de Paris, accueillie au Terminal de Croisière de Pointe-à-Pitre, dialoguant avec des institutions aussi diverses que le commissariat présidentiel à la diaspora africaine et le Conseil National des Unions de Diaspora, la Pool Art Fair dessine, édition après édition, les contours d’une Guadeloupe qui assume pleinement son rôle de carrefour culturel international.

Thierry Alet et ses équipes peuvent être fiers. Ce qu’ils ont bâti n’est pas seulement un salon d’art. C’est un acte de foi dans le génie créatif du Péyi Gwadloup.

Par CCN

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