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Guadeloupe. Société. Faire peuple, un obligé immédiat

Gérard Xavier Bulin . Sociologue Antropologue

Guadeloupe. Société. Faire peuple, un obligé immédiat

Guadeloupe. Société. Faire peuple, un obligé immédiat

Gérard Xavier Bulin . Sociologue Antropologue
Portrait de Gérard Bulin-Xavier, sociologue et anthropologue, auteur guadeloupéen.

Guadeloupe. Société. Faire peuple, un obligé immédiat

Pointe-à-Pitre. Mercredi 5 août 2026 | CCN. 

Dans une tribune consacrée à la notion de faire peuple guadeloupéen, le sociologue et anthropologue Gérard Bulin-Xavier appelle à une mobilisation collective face à la crise mondiale et à la fin annoncée du capitalisme. Pour l’auteur, cet obligé immédiat repose sur trois leviers : l’intelligence collective, l’unité entre toutes les composantes du pays et l’amour comme antidote aux dérives. Une réflexion qui engage la responsabilité de tous, des politiques à la société civile en passant par les artistes et les travailleurs, dans la construction d’une identité guadeloupéenne robuste et transmissible aux générations futures.

Tribune par Gérard Bulin-Xavier Sociologue Antropologue

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Faire peuple semble, dans ce contexte de crise majeure sur le plan mondial, cet obligé qui pourrait nous aider à sortir de ces eaux tumultueuses et froides de notre temps, afin de nous inscrire dans la dynamique d’une ambitieuse construction du pays et de réactivation des vertus de l’âme guadeloupéenne.

Faire peuple : un obligé immédiat face à la crise

Faire-peuple, pour trouver ENSEMBLE les alternatives sociales, économiques et de luttes contre la grande pauvreté qui s’abat déjà sur le monde suite à la fin du capitalisme et à la fin de la modernité à laquelle nous commençons à assister, afin de répondre aux besoins du pays, puisque nous en avons les ressources.

Cette responsabilité nous échoit à TOUS : politiques, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes de la société civile, intellectuels, artistes, travailleurs et syndicats, salariés et chefs d’entreprise, etc., car nous devons tous œuvrer pour éviter les affres de la désillusion du progrès et de l’obsolescence de l’Homme. Trois choses peuvent nous aider :

1/ L’intelligence collective, pour mettre en échec l’outrance et l’absurdité d’une époque qui s’éloigne de plus en plus de son humanité et qui nous enjoint trop souvent à choisir le funeste plutôt que la raison.

2/ L’unité entre tous les composants du pays-Guadeloupe, afin de revigorer l’Être-ensemble et le Vivre-ensemble, puisque ce sont là les deux marqueurs attestant du sens même du faire-peuple.

3/ L’Amour, afin de répudier les mauvaises senteurs, les mauvaises inspirations, de manière à transformer le tragique en projet commun et l’incurie en plan de réussite individuelle et collective.

Ce que signifie faire peuple pour la Guadeloupe

Faire peuple, c’est se rappeler qu’être guadeloupéen c’est être porteur de valeurs fortes, être doté d’une âme aguerrie malgré les souffrances du temps et les blessures invisibles. C’est être conscient que nous ne sommes pas n’importe qui et que tous ces hommes et femmes de valeur qui sont du pays et qui ont participé à la construction du monde, sont pour nous des références qui nous autorisent à répudier tout ce qui attente à notre humanité et à notre dignité.

C’est encore faire taire ces pulsions de mort qui voudraient nous éloigner de la beauté de notre diversité et de cet imaginaire que le temps nous a donné en héritage pour valoriser notre humanité, en leur préférant les pulsions de vie que nous avons en nous, puisque nous sommes un peuple solidaire, résilient et empathique.

Construire un nous-mêmes robuste pour l’avenir

Faire peuple, c’est aussi participer à la construction d’un nous-mêmes robuste, afin que nous ne prenions pas le risque de participer à la perte de notre identité et que nous soyons épargnés du chaos qui s’installe peu à peu dans nos sociétés. C’est aussi aller au-delà de nos querelles intestines, de nos contradictions, de l’auto-dénigrement que nous assénons trop à nos esprits, afin de conquérir une guadeloupéanité qui soit à la mesure de ce que nous avons choisi de faire de ce que l’on a fait de nous. Faire peuple ne doit surtout pas correspondre à un désir autocentré, à un orgueil mal placé, mais à une responsabilité de laisser à nos enfants et petits-enfants une terre ayant une culture, une identité, une âme qui sauront les protéger des aberrations de leur temps.

Faire-peuple peut être un rempart contre l’incertitude extrême qui nous somme d’aller au-delà des différences sociales, ethniques et cultuelles de ceux qui composent le pays-Guadeloupe, car nous devons TOUS porter, avec le même engagement, les vertus de son âme.

Gérard Bulin-Xavier

Tribune de Gérard Bulin-Xavier
Sociologie-Anthropologie, ex prof philo.

auteur de nombreux essais :

  • Embrassons-nous par milliers car nous sommes tous frères de sang
  • Homo Spiritualis
  • La poétique du sens de la vie à l’existence
  • Of essentiality
  • Pensées dé-voilées
  • L’humanité reconquise
  • Le ré-enchantement de soi et du mode pour gérer le chaos

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